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LAURÉATS BRICO-FILMS

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Home INTERVIEWS Safiatou Sidibé ou Mariam dans ‘’Dou la famille’’ : ‘’Je suis l’une des femmes les plus pacifiques monde !’’
Safiatou Sidibé ou Mariam dans ‘’Dou la famille’’ : ‘’Je suis l’une des femmes les plus pacifiques monde !’’ PDF Imprimer Envoyer

Mme Koné Safiatou Sidibé dite ‘’Mariam’’ dans ‘’Dou la famille’’ deuxième épouse de Ladji Sacko, est une femme d’une énergie à revendre et d’une jovialité contagieuse. Nous l’avons approchée afin qu’elle se découvre un peu plus et elle a accepté. Interview.

 

Vous êtes plus connue en tant que célèbre épouse de Ladji Sacko, Mariam dans le film «Dou la famille»…

C’est vrai, mais je suis Mme Koné Safiatou Sidibé, comédienne. J’habite à Daoudabougou. Je travaille au Palais de la Culture dans le Groupe dramatique national qu’on appelle communément le «Kôtèba national».

Depuis quand êtes-vous sur les planches?

Je ne me souviens pas exactement de l’âge que j’avais lorsque je me suis intéressée au théâtre. J’ai épousé cette passion qui est plus tard devenue mon travail à travers Barou Sy, un ancien travailleur d’Air Mali et Directeur de la troupe artistique de Bamako-Coura. Dès le bas âge, je le suivais. C’est ainsi que j’ai joué dans la toute première biennale du Mali. A ma souvenance, je ne dépassais pas les six ans.

Certains pensent même que je suis passée par l’Institut national des Arts (Ina). Je suis entrée au groupe dramatique à travers mes prestations dans les différents quartiers. Après les compétitions qui opposaient les quartiers de Bamako, c’était le tour des communes puis on faisait une sélection pour la biennale. J’avais toujours la chance d’être la meilleure dans les catégories où je me présentais. Il faut noter qu’il y avait le ‘’solo’’ et les pièces de théâtre.

Comme nous étions quelques meilleures dans la troupe, les autorités nous ont demandé de postuler pour la fonction publique. C’est ainsi que nous avons été embauchées.

Que de chemin parcouru depuis… !

Oui…mais c’est vraiment au groupe dramatique que j’ai peaufiner mon talent de comédienne. J’y suis entrée comme cantatrice ! Certes, j’avais déjà la notion de comédienne avec les répétitions qui se faisaient dans les quartiers. Les responsables du groupe m’ont testée dans les pièces de «niôgôlôn» jusqu’à ce que je sois au top. J’ai été encadrée par beaucoup de metteurs en scène tels que Aguibou Dembélé, Ousmane Sow, Ousmane Maïga, Magma Gabriel Konaté…C’est grâce à eux que je suis devenue une vraie comédienne. C’est aussi grâce à cela que les réalisateurs m’ont connue pour me confier des rôles dans les films.

A propos de films, dans combien vous avez joué ?

J’en ai joué assez…Je voudrai signaler que la plupart est réservée au public européen. Quant aux films et séries télévisées qui sont projetés au Mali, il y a «Dou la famille» avec Boubacar Sidibé…d’autres qui sont en tournage et d’autres encore qui n’ont pas encore commencé… .

Le tournage de «Dou la famille» a-t-il été éprouvant pour vous ?

Je peux affirmer, sans risque de me tromper, que «Dou la famille» est mon premier très grand rôle. La première et la deuxième saisons réunies, cela fait près de 45 épisodes. Le jour qu’on m’a donné le script, j’ai eu l’impression que mon rôle était de la mer à boire.

Quand je jetais un coup d’œil dans la brochure, je perdais le sommeil. Je me disais :’’jouer tout le film en français, ce serait aller à Kidal à pied’’. Mais, j’ai eu confiance en mes metteurs en scène. Surtout que je devais jouer avec Magma. Je crois que j’étais en de bonnes mains, c’est pourquoi ce rôle m’a réussi.

On connaît Mariam pour sa sévérité. Et… Safiatou Sidibé… ?

La sévérité de Mariam dans «Dou la famille» a été détectée depuis mon rôle dans «Bougougnere». Dans cette pièce de théâtre, j’étais arrogante, mal intentionnée et très active. Boubacar Sidibé a cru bon de me donner ce rôle dans son film. Sinon, vous pouvez vous renseigner : je suis l’une des femmes les plus pacifiques du Mali, voire du monde ! Je n’aime pas les querelles. J’ai peur des disputes. J’ai tellement peur des controverses que chaque fois que je les sens venir, je m’éloigne.

Vous avez des enfants qui suivent constamment vos prestations. Seriez-vous prête à les encourager s’ils prenaient le même chemin que vous ?

Mon premier fils- Paix à son âme ! -était militaire. Il a trouvé la mort dans une mission de maintien de la paix en Sierra Leone. Ma fille est déjà mariée. Mon deuxième garçon a un diplôme en construction bâtiment. Quoiqu’il n’a pas encore eu de travail, il se débrouille pour ne pas rester à la maison. Le dernier est au Lycée. Il aime le théâtre, mais je ne crois pas qu’il veuille faire de cela son travail. Je l’amène souvent avec moi sur les planches. Il a même l’habitude de jouer dans des publicités…mais je ne suis pas sûre que son père va le soutenir. Bien qu’il soit, lui-même, Professeur à l’INA.

De nos jours, la relève est une plaie dans votre métier, a-t-on appris…

C’est la maladie, jusque-là incurable, du théâtre que vous venez de soulever. Nous en sommes très conscients. De jour en jour, nous perdons espoir. Ce que, en notre temps, nous avons accepté pour être performant, les jeunes d’aujourd’hui ne l’acceptent pas. La logique veut qu’après le DEF, on passe par l’INA avant de monter sur scène. C’est un circuit trop long pour la nouvelle génération. Depuis la 1ère année, ils commencent à faire des projets et encaissent de petites sommes. Ils ont même le culot de voyager par la période d’évaluation.

Quand nous les invitons à entreprendre quelque chose avec nous afin qu’ils soient mieux outillés, ils tendent la main pour avoir leur cachet. Quand je pense que c’est un transfert de connaissances que j’ai envie d’établir et que le jeune en face pense plutôt argent, cela me décourage. Il faut qu’ils sachent que c’est pour le Mali et sa propre renommée qu’on travaille d’abord. L’argent vient après. Nous en savons quelque chose.

Justement, est-ce que la comédie nourrit Safiatou Sidibé ?

Ce que nous recevons nous aide à arrondir les fins de mois. Mais dire que notre métier nous a mis dans les gratte-ciels, je n’en vois rien d’abord. Si je compare notre statut à celui de nos collègues des pays voisins comme la Côte d’Ivoire ou les pays comme la Tunisie, nous avons encore du chemin à parcourir. C’est pourquoi je voudrai dire à la jeune génération de se former d’abord et le reste viendra.

 


Source: MOEURS DU 14-06-08

Entretien réalisé par Paul Mben

 

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